Arts - Littérature - page 1/1
Le livre perdu...
Nous utilisons quotidiennement dans notre belle langue française, sans toujours le remarquer, des analogies très magnétiques pour définir les rapports humains. Les êtres parfois s'attirent, ou se repoussent, possèdent un grand magnétisme, certains sont aimants, d'autres pas, inséparables ou opposés...
La polarité magnétique est omniprésente dans nos vies. Il peut même nous sembler parfois que nous sommes des particules magnétiques, perdues dans le vaste univers, condamnées à la dualité de l'attraction ou de la répulsion. Nous aimons ceci, nous détestons cela...
Y-a-t-il un terme ou une finalité à cette oscillation permanente ? Comme en toutes choses, l'équilibre doit probablement se situer au point de jonction de ces polarités. Là où le Nord et le Sud fusionnent, en cet idéal transcendant ou les êtres se reconnaissent comme un et indivisible. Le chemin vers cette réconciliation sera sans doute très long, mais nous avons une boussole pour nous aider à retrouver la bonne direction : l'amour.
![]()
Aï Güo, le livre perdu
Au début des années soixante, la censure ne badinait pas avec les ouvrages qui proposaient une vision trop franche et libre des rapports humains. Oser traiter de la sexualité sous l'aspect spirituel était, à plus forte raison, passible de mise à l'index. S'aimer était un péché, toléré pour la procréation, mais devait rester secret d'alcôve.
Les éditions "L'Or du Temps", créées par Régine Desforges en 1962, avaient publié "Aï Güo", un roman de fiction dont le thème était le tantrisme. Son auteur, Claude Sourdoire (un pseudonyme ?), nous y entrainait dans la reconstruction d'un monde nouveau basé sur l'amour absolu. Les tracasseries judiciaires de l'époque ont eu raison des éditions "L'Or du Temps" et les ouvrages édités, furent brulés ou pilonnés. Ce livre extraordinaire a disparu des librairies, définitivement perdu...
Résumé :
Le 1er mai 1980, les États-Unis lancent une bombe M sur Pékin. Un interprète français et une jeune chinoise sont les seuls survivants de cette catastrophe. Ils réinventent l'amour unique et reconstruisent un nouvel Éden où viennent les rejoindre, quarante ans plus tard, le fils du Grand Inquisiteur Mondial et sa demi-sœur.
Ce roman d'érotique-fiction n'a pas pour seul mérite de décrire les pratiques tantriques, il nous parle d'un avenir si dangereusement proche (et si heureusement vraisemblable) que nous pouvons déjà en méditer et en savourer la leçon.
Bibliographie :
(*) Aï Güo - Claude Sourdoire - Éditions L'Or du Temps
L'amour est le lien,
le principe médiateur entre le parfait et l'imparfait, entre dieu et l'homme.
(Ludwig Feuerbach)